Les syndicats de la classe ouvrière
Au cours des dernières années, on nous a parlé souvent de l’inégalité de la richesse et de son sous-ensemble de revenus ou d’inégalité salariale. Des preuves quantifiables montrant une tendance de plusieurs décennies vers l’inégalité de la richesse ont été présentées par des économistes de gauche et des think tanks alimentant en grande partie l’activisme politique de l’aile gauche du Parti démocrate.Un exemple de ce type de données a été publié par l’Urban Institute montrant qu’en 1963, les familles au sommet de la répartition de la richesse avaient six fois la richesse des familles au milieu, alors qu’en 2016, les familles riches avaient douze fois la richesse des familles au milieu.
À l’heure actuelle, la pandémie de COVID-19 révèle de façon frappante ce qui peut raisonnablement être considéré comme un autre malheur économique pour ceux qui se trouvent à l’extrémité inférieure du spectre de la richesse.
Bon nombre des travailleurs de première ligne essentiels, comme les concierges, les employés des épiceries, les travailleurs de la santé et les travailleurs en garderie, entre autres, sont ceux qui ont des emplois qu’on ne peut pas faire par l’entremise de Zoom, courriel et téléphone de la maison et sont plus à risque de contracter le virus en raison des exigences en personne de leur travail.
Ce risque accru combiné à un salaire relativement bas pour les travailleurs qui fournissent des services dont nous avons tous besoin en ces temps difficiles renforce l’argument selon lequel cette cohorte mérite plus de respect et de poids économique.
Il est difficile d’ignorer comment le déclin des syndicats corréle assez clairement avec la hausse de l’inégalité de la richesse. Beaucoup croient que ce n’est pas seulement une corrélation, mais une causalité.
La perte d’une voix collective de la classe ouvrière due au chœur de longue date de l’antisyndicalisme a conduit non seulement à une diminution de leur influence politique, mais aussi à une baisse de leur niveau de vie.
Peut-être que l’argument de la disparité des revenus est maintenant prêt à aller au-delà d’une simple demande appuyée par des données longitudinales et des graphiques pour en arriver à un argument d’équité fondamentale pour les travailleurs qui sont essentiels, surtout en cas d’urgence nationale.
Le moment est venu de parler des réformes structurelles qui profitent à la classe ouvrière. L’objectif primordial devrait être de réorienter le système économique de manière à ce que tous, peu importe où ils vivent sur le spectre de la richesse, puissent vivre en santé et en sécurité tout en contribuant au bien-être commun du pays.
Il s’agira d’examiner et d’améliorer les macro-normes régissant la rémunération, les soins de santé, l’environnement, les règlements de sécurité, les heures de travail favorables aux familles, l’immigration, les griefs en milieu de travail et les relations raciales.
Il n’est pas nécessaire de considérer l’accroissement du pouvoir des intervenants à faible revenu comme une redistribution à somme nulle simplement pour rééquilibrer un grand livre, mais en rétablissant et en revigorant une voix unie pour la prospérité globale des travailleurs et en renforçant la démocratie. Les gens des échelons moyens et inférieurs de l’économie dépensent aussi de l’argent. Et beaucoup.
Travailler de concert pour renforcer ses intérêts économiques est largement répandu parmi les Haves. Les chambres de commerce, les associations de gens d’affaires et les organisations professionnelles nationales répondent à ce besoin de propriétaires et de gestionnaires d’entreprise.
Pourquoi donc ne pas donner aux travailleurs la capacité de prendre des décisions politiques par l’action collective? Ce sont les syndicats qui jouent ce rôle. Bon nombre des protections sociales et des travailleurs qui sont maintenant codifiées dans la loi et dont nous bénéficions aujourd’hui ont commencé comme des initiatives syndicales.
La sécurité sociale, les lois sur le travail des enfants, les lois antidiscriminatoires, les lois sur la sécurité du travail, l’assurance-chômage, le salaire minimum, la semaine de travail de 40 heures et les lois sur l’indemnisation des accidents du travail ne sont que quelques-uns des avantages désormais courants réalisés parce que les syndicats de travailleurs ont conçu, soutenu, et lutté pour ces normes.
Il est peu probable que nous revenions à la même économie qu’avant la pandémie. À l’avenir, nous pourrions nous pencher sur un certain nombre de changements sociaux dans lesquels le virus nous aura secoués. Espérons que l’une de ces modifications sera de rendre compte de la façon dont la partie ouvrière des travailleurs essentiels doit être traitée et priorisée. Une résurgence des syndicats pour ces travailleurs est justifiée et en retard.

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